Le plus vieux vignoble de Bordeaux
Bien avant que le Médoc ne soit asséché et planté au XVIIe siècle, les Graves alimentaient déjà le commerce viticole bordelais vers l'Angleterre et la Flandre. Le mot "graves" désigne simplement le sol caillouteux constitué de galets roulés déposés par la Garonne et ses affluents au fil des millénaires. Ces graves assurent un drainage naturel, réchauffent les racines la nuit en restituant la chaleur emmagasinée le jour, et donnent aux vins une minéralité distinctive.
Depuis la création de l'appellation Pessac-Léognan en 1987, les Graves désignent le secteur sud, hors des dix communes les plus proches de Bordeaux. L'appellation s'étend du nord de Langon jusqu'aux abords de Bordeaux, longeant la rive gauche de la Garonne sur environ 60 kilomètres. Les paysages sont plus ouverts et verdoyants que dans le Médoc, avec des châteaux souvent moins spectaculaires mais des terroirs tout aussi sérieux.
Les cépages autorisés
Pour les rouges :
Pour les blancs :
Les blancs secs des Graves sont souvent produits en assemblage Sémillon-Sauvignon Blanc, parfois avec une petite part de Muscadelle. Contrairement aux blancs de Pessac-Léognan, beaucoup sont élevés en cuve inox pour conserver la fraîcheur aromatique et la vivacité. Ce sont des vins polyvalents, à boire dans les 3 à 8 ans en général.
Un terroir aux multiples facettes
La diversité du sous-sol est plus grande dans les Graves que dans Pessac-Léognan : graves günziennes pures dans les secteurs nord, mêlées de sables et d'argiles en allant vers le sud. Cette hétérogénéité explique une gamme de styles plus large, de vins légers et fruités à des rouges plus structurés selon les croupes et les expositions.
L'appellation n'a pas de classement propre au sens médocain. La classification de 1959 ne concerne que Pessac-Léognan depuis 1987. Dans les Graves au sens strict, la réputation des domaines se construit sur leur régularité et leur rapport qualité-prix, souvent très favorable comparé aux appellations communales du Médoc.
Le profil aromatique
Les rouges des Graves expriment des fruits noirs et rouges (cassis, groseille, cerise), avec une touche terreuse et fumée caractéristique du sol graveleux. Plus souples et accessibles que les Médoc, ils se boivent souvent entre 5 et 15 ans. Les blancs secs, vifs et aromatiques, s'expriment sur la fleur blanche, le pamplemousse, la pêche et les agrumes. Certains, élevés en barrique, développent une belle complexité avec noisette et brioche.
Millésimes récents
| Année | Note | Caractère | Boire |
|---|---|---|---|
| 2022 | 19 | Rouges concentrés, blancs aromatiques et frais. | 2025-2038 |
| 2021 | 17 | Millésime frais, blancs très réussis, rouges élégants. | 2024-2034 |
| 2020 | 19 | Grand équilibre, les deux couleurs au top. | 2025-2038 |
| 2019 | 17 | Maturité généreuse, bon rapport qualité-prix. | 2023-2032 |
| 2018 | 16 | Chaleur estivale bien gérée, rouges charnus. | 2022-2030 |
Communes de l'appellation
Les Graves s'étendent sur une quarantaine de communes de la rive gauche de la Garonne, du secteur de Bordeaux jusqu'à Langon au sud :
Accord mets-vins
Les rouges des Graves accompagnent les viandes rouges grillées, les cèpes à la bordelaise, l'entrecôte sauce Périgueux. Les blancs secs, vifs et citronnés, sont parfaits sur les fruits de mer (huîtres, moules marinières), les poissons grillés ou meunière, les chèvres frais et les fromages de brebis. Leurs prix accessibles en font aussi d'excellents vins de semaine. Service à 16°C pour les rouges, 10-12°C pour les blancs.
Utilisez notre outil d'accord mets-vins pour trouver le plat idéal avec un Graves selon votre menu du soir.
